Feu! Chatterton - Palais d'Argile | Review

"Se prendre dans les bras/S'attraper dans les bras/Ça on le pouvait, on le pouvait" : ces paroles rappellent fortement une vie qui n'existe plus depuis un an, non ? Et pourtant, tous les textes du nouvel album de Feu! Chatterton ont été écrit en 2019, bien avant que le monde ne bascule. Alors peut-être que les cinq parisiens sont mediums, peut-être que la plume d'Arthur Teboul a su prédire les événements actuels, qui sait ? En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'ils viennent de sortir leur meilleur album, et cet album s'avère être un chef-d'oeuvre : Palais d'Argile.

On connait leur style dandy et leur envolées lyriques depuis 2015 et leur premier disque Ici Le Jour (A Tout Enseveli), suivi en 2018 par l'excellent L'Oiseleur : il y a Clément Doumic, Raphaël De Pressigny, Antoine Wilson, Sébastien Wolf et enfin Arthur Teboul, architectes d'un son bien particulier et surtout d'une poésie hypnotisante inspirée par Prévert et Gainsbourg autant que Radiohead. Le premier single de Palais d'Argile débarque en janvier 2021 sous une titre plein d'espoir mais aussi de doutes : Monde Nouveau, une parfaite mélodie électro-rock portée par la verve sans failles de Teboul. Il y a quelque chose de différent, déjà dans les textes : moins théâtraux, plus accessibles, mais certainement pas moins travaillés. L'album est aussi produit par Arnaud Rebotini, grand nom de la techno et du rock français et qui a fait avec le groupe un travail hallucinant.

Sur Palais d'Argile, on trouve en vrac une jolie ballade acoustique (Panthère), une épopée mélancolique saisissante (Avant Qu'Il N'y Ait Le Monde), une reprise entrainante de Prévert (Compagnons) ou encore des guitares saturées et expérimentales dans le long Libre. Le groupe construit un impressionnant labyrinthe de personnages et d'émotions, en naviguant entre introspection personnelle et réflexions sur la société actuelle. Et après une heure de tourbillons, tout se cristallise dans Laissons Filer, de loin le meilleur morceau de l'album : une fresque de huit minutes avec des violons grandioses, des lignes de guitares délicieuses et la voix d'Arthur Teboul, d'une intensité rare, bref : une façon merveilleuse de terminer le voyage. Ce soir, nous quitterons la ville...

Feu! Chatterton - Palais d'Argile, disponible via Universal.

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