La folle histoire des Beach Boys

Mis à jour : juin 22

De la surf music insouciante aux ballades mélancoliques de Brian Wilson, voici résumée sur Stereo System l'histoire des Beach Boys.



Tout commence en 1961, dans la banlieue de Los Angeles, avec les frères Wilson : Brian, Dennis et Carl, accompagnés de leur cousin Mike Love et d’un ami du nom de Al Jardine. Les cinq décident de former un groupe, et ce groupe va s'appeler The Beach Boys.

Le père des trois Wilson va très rapidement devenir le manager du groupe, et, en décembre 1961, sort le tout premier single des Beach Boys, "Surfin’".

La chanson est bien sûr dédiée au surf, mais Dennis Wilson est étonnamment le seul du groupe à pratiquer cette discipline. "Surfin’" est musicalement et parolistiquement très simple, et est clairement ancrée dans le style de son époque.

Cela n’empêchera pas le 45 tours de faire danser la jeunesse de Los Angeles, ce qui permit au jeune groupe de se faire repérer par Capitol Records.

Leur premier album sort l’année qui suit, et c’est bien sur Surfin’ Safari : on y retrouve déjà tout ce qui compose le style des débuts Beach Boys, harmonies vocales et positivité.


En 1963 toujours, c’est l’iconique album Surfin’ USA qui se classera deuxième des charts.

L’album est bien sur porté par le classique "Surfin’ USA", mais on y retrouve aussi le titre "Misirlou". Cette chanson (qui est en fait un air traditionnel grec), dans sa version jouée par Dick Dale, se retrouvera bien sûr dans la bande originale du film Pulp Fiction.


La même année, l’album qui suivit fut 7ème dans les Charts. C’est Surfer girl, qui contient bien sûr la célèbre et mélancolique (ambiance annonciatrice du changement de style du groupe) "In My Room", mais aussi d’autres chansons assez sous-estimées, telles que les très relax "Your Summer Dream" et "The Surfer Moon", mais aussi les très entrainantes "Boogie Woodie" et "Surfer’s Rule".

Toujours en 63, décidément, les Beach Boys sortent leur 4ème album, du nom de Little Deuce Coupe.

Sur ce disque, les paroles s’écartent de l’univers du surf et dérivent sur le monde de l’automobile. Ce n’est pas anodin, ils voulaient tout simplement se détacher de leur image de surfers californiens. Alors oui, leur musique de plage marche à travers tous les États-Unis, mais cette époque fut clairement l’âge d’or de l’automobile, surtout dans ce pays. Ce n’est donc pas surprenant qu’ils s’emparent de ce thème pour se détacher du surf.

L’année 1963 fut donc l’année des Beach Boys, leurs 4 albums occupant respectivement la 14ème, 7ème, 4ème et 2ème place des meilleures ventes de l’année !



En 1964, c’est au tour de l’album Shut Down Volume 2 de sortir (le volume 1 est en fait une compilation éditée par Capitol Records, avec seulement deux titres des Beach Boys) L’album sera encore un succès. "Fun, Fun, Fun, notamment, se classera cinquième des classement, mais elle se verra dépassée par un jeune groupe anglais, du nom de The Beatles.

Les deux groupes passeront les prochaines années à se disputer le haut des charts américains, même si une forte amitié et respect mutuel existe entre les deux band.

C’est tout simplement deux philosophies qui s’opposent. D’un coté, on a la jeunesse californienne, avec leur style très relax et sage, et de l’autre, ces parfaits inconnus tout droit débarqués de Liverpool, avec leur pop-rock so British.

C’est quand même les Beach Boys qui sont au sommet pendant l’année 64, et cela grâce à leur 6ème album, intitulé All Summer Long : l’album sera 4ème de l’année 1964, et un des titre phares du groupe, "I Get Around", décrochera la première place !


Ils rivalisent toujours en 1965, avec l’album Today!, et ils hisseront le morceau "Help Me Rhonda" tout droit en haut des charts. Musicalement, jusqu’ici, c’est toujours et encore du early Beach Boys pur et dur, c’est à dire des harmonies vocales, accompagnées d’une batterie et d’une guitare légère.

Rajoutez à cela des paroles qui chantent le soleil, les filles et les voitures, et on obtient une certaine image de l’American Dream.

C’est cette image que l’on retrouve, toujours en 1965, dans l’album Summer Days, porté par son titre phare "California Girls". Dans sa globalité, c’est un très bon album. Toujours en 1965, pour les fêtes de fin d’année, c’est un autre titre iconique des Beach Boys qui va voir le jour et obtiendra un large succès. Vous l’aurez peut-être deviné, c’est le single "Barbara Ann" qui atteindra la seconde place des classement, en 1966.


L’année 66 marquera un tournant dans l’histoire des Beach Boys : c’est l’année de l’album Pet Sounds. On peut y entendre, parmi d'autres "symphonies de poche", les classiques "Wouldn’t It Be Nice", "God Only Knows" et "Caroline, No".

Pet Sounds fut pendant un certain temps l’album le plus coûteux de tous les temps, avec un coût de production de 70´000$ (ce qui est équivalent à un demi-million actuel). Mais ça valait le coup.

Musicalement, l'album sort de ce que le groupe faisait avant, avec des sonorités et des paroles beaucoup plus complexifiées et travaillées.

On y sent une grosse influence des Beatles, grâce à leur album Rubber Soul mais aussi une influence hippie. Pet Sounds sera ensuite une des grandes inspirations des Fab Four pour Sgt Pepper. Donc ça s’équilibre...

Malheureusement, il recut un accueil un peu plus mitigé de la part du public, car moins commercial et dansant, mais a contrario, Pet Sounds fut lalbum des Boys qui marcha le plus au Royaume-Uni.

Heureusement, l’incroyable single "Good Vibrations" rencontra le succès, sauvant le groupe de gros problèmes financiers.


Pochette de "Good Vibrations"

Mais c’est là que commence la mauvaise passe pour les Beach Boys et surtout pour leur leader, Brian Wilson : déjà de nature mélancolique, cet échec commercial le plongera dans une grande dépression. Il vécut très mal la faible performance de Pet Sounds, puisqu’il avait mis énormément de lui-même dans les paroles, mais aussi dans la production musicale.

En plus, en 1967 son père l’entourloupe en vendant tous les droits musicaux du groupe, sans rien dire ni rien laisser au membres de la formation. S’ensuivra un long procès, qui créa de grandes frictions au sein du groupe.

Suite à ça, Brian passera de nombreux mois enfermé chez lui, sans prendre de douches, et les Beach Boys commencèrent à décliner. Pendant ce temps là, Mike Love était en Inde avec les Beatles (on en parle dans cet article).

Fin 66, Brian tentera tout de même revenir en force, avec un nouvel album qui lui tient beaucoup à cœur : Smile.

Mais lors de la production, il y aura beaucoup trop de désaccords au sein du groupe et avec la maison de disque, ce qui mènera à un quasi-abandon du projet et un retour par la case dépression pour Brian. L’album sortira quand même, sous le nom Smiley Smile, sans que tout le monde soit réellement satisfait, et ce fut un nouvel échec commercial. Brian quitte le groupe, et les albums suivants subiront les mêmes problèmes et les mêmes échecs commerciaux. Ils essayeront, sans grande conviction de rester dans le style jeune et surfer, mais n’arriveront pas à garder le niveau face aux nouveaux groupes, plus inventifs.

En 1968, le groupe fait la connaissance d’un homme tristement célèbre : Charles Manson. Ils firent un peu de musique ensemble, jusqu’au point où les Beach Boys songèrent à lui produire un album. Mais le groupe se sépare de lui au fur et à mesure que sa Famille prenait de l’ampleur. De leur rencontre, il ne restera que la chanson "Never Learn Not To Love"...



En 1970, le groupe change de maison de disque et 1976 marque le retour de Brian au sein du groupe. Cela n’empêchera pas le fait que les albums resteront toujours d’un niveau moyen. Brian repart peu après, et tous les membre du groupe plongent dans l’alcool et la drogue. Ils sont presque tout le temps défoncés, que ce soit sur scène, en studio ou chez eux.

Le 28 décembre 1983, le batteur Dennis Wilson se noie en mer. Il était sous l’emprise de la drogue, et ne sera pas remplacé avant 1998.

En 1985, Brian est encore une fois de retour, et cette fois c'est pour de bon (enfin, presque), les Beach Boys ayant retrouvés leur complicité, malgré le fait que des procédures judiciaires sont toujours en cours pour la répartition des droits musicaux entre les membres du groupe.

La même année, ils donneront un concert devant 750’000 spectateurs pour la fête nationale américaine, et ils seront aussi sur la scène du Live Aid de Philadelphie.

En 1988, la pétillante et exotique "Kokomo" se place numéro un des charts de l’année. Cette chanson marque le début d’un regain d’énergie pour le groupe, ce qui leur permit de sortir de leurs addictions, mais qui siginifie également l’énième départ de Brian Wilson, quittant le groupe pour se lancer en solo.


Dans les années 90, Carl Wilson décède et Al Jardine quitte le groupe, laissant Mike Love comme seul membre de la formation originale. En 2011, après quelques procès, l’album Smile sort enfin, plus de 40 ans après l’enregistrement et en 2012, un nouveau disque est annoncé.

C'était inespéré : vingt ans après le dernier album, That’s Why God Made The Radio réunit Brian Wilson avec le groupe. Une immense tournée mondiale pour célébrer les 50 ans des Beach Boys plus tard, Wilson annonce qu’il ne refera plus de musique avec Mike Love, le seul membre originel, en raison de fortes tensions entre les deux musiciens. Et depuis lors, les deux jouent sous deux noms différents, mais toujours en jouant les hits du groupe.


L’histoire des Beach Boys est chaotique et complexe, mais ce groupe a marqué l’histoire de la musique et influencé les plus grands. Alors si vous ne les connaissez pas ou peu, la playlist en bas de l’article est là pour vous guider. Et si vous connaissez déjà bien, ça ne vous empêche pas de redécouvrir !

Playlist :


Les indispensables:


- Surfin U.S.A (1963)

- All Summer Long (1964)

- Pet Sounds (1966)


Aller plus loin :


- Beach Boys’ Party ! (1965)

- The Beach Boys Today ! (1965)

- Summer Days (And Summer Nights!!) (1965)


Aller encore plus loin :


- Surf’s Up (1971)

- Holland (1973)

- The Smile Sessions (2011)





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