• Roman

Le classement ultime des albums des Arctic Monkeys

Mis à jour : sept. 17

Votre phare, votre guide, votre bible : voici notre classement des albums des Arctic Monkeys.



14 ans de carrière, 6 albums : les Arctic Monkeys sont un groupe plutôt productif, et classer leurs différents opus n'a pas été facile. Enfin, la première place était évidente (pour nous, en tout cas) mais les autres ? Quelle position attribuer au mal-aimé Suck It And See, au très populaire AM ? Mais bon, chez Stereo System, on a peur de rien, alors on l'a fait, sans concession. Et après avoir écouté l'intégralité des 70 titres pour 4 heures de leur discographie studio, voici ce que ça a donné.


6#

AM (2013)



Le plus célèbre, mais aussi le moins bon. Attention, AM n'a rien de particulièrement mauvais, et il ne contient (quasiment) que des bonnes chansons. C'est juste qu'en tant qu'album, il ne marche pas. Les titres se suivent et se ressemblent, et donnent au disque un rythme lent et répétitif. Des riffs lourds et saturés, des paroles parfois dénuées de sens ou faciles... Mais bon, la plupart des morceaux valent vraiment le coup, à commencer par les plus gros tubes (on ne trouve quasiment que des tubes sur AM, de toute façon) : Do I Wanna Know, certainement le plus célèbre et un des plus puissants du groupe ; R U Mine, son rythme agité et son riff énervé ; Arabella et son refrain iconique... Par contre, on trouve un gros creux au milieu du disque, notamment avec Mad Sounds qui est vraiment une déception. Le reste (excepté I Wanna Be Yours et No 1 Party Anthem, qui sont simplement géniales) n'a pas grand intêret : on a un peu l'impression d'entendre un seul long morceau de 30mn. Dommage, car AM avait le potentiel d'être un grand disque. Raté.

5#

Humbug (2009)


Sur AM, l’objectif du groupe était de produire des tubes, et ça a bien marché. Sur Humbug, l’objectif était de changer de direction musicale et de partir sur un disque plus produit, un son plus travaillé et des instruments moins communs. Alors, on aime ou on aime pas, mais il faut bien reconnaître que ce troisième album contient des très bonnes chansons, à commencer par Cornerstone, une des premières ballades du groupe accompagnée de sa vidéo, disons... cheap ? De l’autre côté, Crying Lightning est dotée d’un clip vraiment excentrique et un peu kitsch. Pretty Visitors, The Jeweller’s Hands et surtout Secret Door sont vraiment de super morceaux, parmi les meilleurs du groupe, mais malheureusement le reste est assez quelconque et oubliable. L’ambiance est beaucoup moins frénétique que sur ses deux prédécesseurs, même un peu plus sombre. Alex Turner commence à développer une nouvelle voix qui se confirmera sur Suck It And See et AM (une voix que j’aime moins, personnellement), et les guitares ont un son plus classique, moins créatif Mais bon, le disque a quand même été produit par Josh Homme, des Queen Of The Stone Age, et rien que pour ça il vaut l’écoute !

4#

Suck It And See (2011)



De tous les disques des Monkeys, Suck It And See est celui qui a la plus mauvaise réputation. Enfin, les critiques en 2011 ont été plutôt positives, mais les fans du groupe le placent souvent en dernière position de leur palmarès. Pourtant, ce quatrième album est plein de qualités : déjà, comparé à Humbug, il est beaucoup plus pop et positif, et ça, ça fait du bien. Il est peut-être moins surprenant, mais bien plus travaillé et produit, avec un son propre et net comme on en fait plus, des mélodies ciselées avec brio par les guitares de Jamie Cook et Alex Turner… Et les chansons, alors ? Eh bien, l’éponyme n’est pas loin de la perfection, le single Don’t Sit Down Cause I’ve Moved Your Chair est un véritable hymne de festivals, le fabuleux jeu de batterie de Matt Helders rend Black Treacle et The Hellcat Spangled Shalalala incontournables tandis que Piledriver Waltz brille par ses paroles (You look like you’ve been for breakfast at the Heartbreak Hotel). Par contre, c’est tout l’inverse de Brick By Brick qui ressemble à s’y méprendre à du remplissage pur et simple : "I wanna steal your soul, brick by brick/ I wanna rock n’ roll, brick by brick". Sérieusement, Alex ? Mais c’est vraiment le seul morceau dispensable de Suck It And See, tout le reste est génial (sauf la pochette, assez moyenne).


3#

Favourite Worst Nightmare (2007)


Ah tiens, après avoir entendu Fluorescent Adolescent, le premier single de Favourite Worst Nightmare et ses mélodies pop-rock, on se dit que ce deuxième album (toujours un défi, le deuxième album) des Monkeys va être calme, délicat. On met le CD dans le lecteur (eh oui, nous sommes en 2007) et on lance le disque. Boum, la batterie effrénée de Brianstorm déboule comme une voiture à pleine vitesse, et on se dit que finalement...

Sous son étrange pochette, Favourite Worst Nightmare est un génial successeur au premier disque du groupe. Outre la claque Brianstorm et le populaire Fluorescent Adolescent (aussi une super chanson), on y trouve une tonne d’excellents titres. À commencer par Teddy Picker et son refrain incassable (And it's the thousandth time and it's even bolder/Don't be surprised when you get bent over...) ou la triste beauté de Only Ones We Know. Le talent de songwriter d’Alex Turner atteint peut-être son apogée sur Do Me A Favour, et la nervosité de The Bad Thing est typique du groupe. 

Et puis, il y a 505. 

Y’a t’il une meilleure façon de conclure un disque ? Le morceau monte en puissance jusqu’a explosion (précisément à 2:29 mn), comme un feu d’artifice pour clore ce génial Favourite Worst Nightmare. Essentiel.


2#

Tranquility Base Hotel + Casino (2018)



Les Arctic Monkeys savent se renouveler. Chaque album est différent de précédent et possède sa propre identité. Mais ça n’a jamais été autant vrai que sur Tranquility Base Hotel + Casino, leur sixième et dernier disque en date.

On attendait depuis 5 ans le successeur de AM. Entre temps, le groupe se met en pause et les membres se sont un peu éparpillés : Matt Helders travaille avec Iggy Pop, et Alex Turner reprend son projet The Last Shadow Puppet avec le musicien anglais Miles Kane, sortant leur deuxième album Everything You’ve Come To Expect, qu’on peut décrire comme électro-pop-orchestral. C’est sans doute de là qu’ont découlé les chansons qui composent TBH+C. La pop californienne, le rock progressif, Serge Gainsbourg et la pop française en général et même le jazz, voilà les influences de Turner pour cet opus. Dès le premier morceau, Star Treatment, le changement se fait sentir : la voix est plongée dans la réverb, les textes parsemés de références en tous genres sont presque rappés, la batterie se fait subtile et discrète, les guitares sont là, certes, mais beaucoup, beaucoup moins incisives que ce qu’on pouvait entendre au début du groupe.

Ah, et il faut préciser que ce n’est pas qu’un simple album. C’est un concept album, à propos d’un hôtel-casino situé sur la lune (l’hôtel Tranquility Base, si vous suivez un peu) et qui possède notamment une taquerìa sur son toit, évoquée dans l’étourdissant single Four Out Of Five. Beaucoup de fans ont été déroutés à la sortie du disque, se plaignant de ne pas retrouver le son des Arctic Monkeys. Mais justement, c’est la preuve que les Monkeys n’ont pas qu’un seul son et qu’ils maîtrisent leur musique, en témoignent les meilleurs titres de TBH+C : l’ultime ballade acoustique The Ultracheese, le bowiesque Science Fiction, le mélodieux One Point Perspective et surtout la véritable expérience sonore que constitue le morceau éponyme. Tout est en harmonie, spontané mais tellement précis. Une pépite. Vraiment.


1#

Whatever People Say I Am, That's What I'm Not (2006)


12 titres, 40 minutes : clair, concis et efficace, le premier album des Arctic Monkeys est une véritable claque, du début à la fin. Pas un instant de répit, les guitares claquent, les riffs s’enchaînent, la batterie frappe et la plume encore jeune d’Alex Turner écrit des hymnes à l’Angleterre, des classiques instantanés. Chaque morceau est unique. D’abord, la violence de The View From The Afternoon, dont la première phrase est "Anticipation has the habit to set you up for disappointment". Ah, oui mais ce disque ne nous déçoit pas, puisqu’il monte encore en puissance avec l’énorme tube I Bet You Look Good On The Dancefloor, une petite bombe d’énergie inimitable. Et puis le groove puissant de Fake Tales Of San Francisco, la puissance maitrisée de Dancing Shoes. Still Take You Home est un morceau incroyable, une sorte de relation d'amour-haine, un vrai shot d'énergie. Le disque n’est pas seulement composé de morceaux rock speed, on trouve aussi des moments calmes comme Riot Van, qui narre une soirée avec les lads de Sheffield, origines du groupe. L’accalmie est de courte durée, car Red Light Indicate Doors Are Secured vient nous secouer avec sa ligne de basse irrésistible, bien qu’un peu répétitive. Quant à Mardy Bum, elle constitue le lien parfait entre les guitares incisives et les paroles romantiques qu'Alex Turner chante de son timbre inimitable.

Perhaps Vampire Is A Bit Strong But… et son refrain addictif se consomme sans modération, mais le meilleur est encore à venir : les trois dernières chansons sont des masterpieces. D’abord, When The Sun Goes Down, le second single et son intro calme qui se précipite ensuite dans une épopée nocturne intense. C’est peut-être là que se trouve les meilleurs breaks du batteur Matt Helders, les meilleures notes du bassiste Andy Nicholson, les meilleurs riff de Jamie Cook et la meilleure voix d’Alex Turner. Un pur moment de bonheur, suivi dans la foulée par From The Ritz To The Rubble. Ça monte crescendo, d’abord de simples accords nerveusement plaqués par Turner sur sa Stratocaster, puis le reste arrive just’a l’explosion du refrain (I said a thousand millions things that i could never say this morning). Trois minutes intense. Mais déjà, le dernier morceau arrive. A Certain Romance, avec ses arpèges délicats et sa batterie précise, est exactement à l’image de Whatever People Say I Am, That’s What I’m Not : brut mais pas bâclé, tendre mais pas niais, bref, tout ce qui rend ce disque culte et indispensable.

Et vous, votre classement ? On l'attend en commentaire ! Nous, on à hâte de pouvoir rajouter un 7ème album à cette liste...


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