Les 60s des Who

Ce serait trop long de faire un article complet sur les plus de 50 ans où les Who ont été présents dans le paysage musical anglais donc aujourd'hui, on ne parle que des années 60s, jusqu'à Tommy. Si vous ne connaissez pas Tommy, ne vous inquiétez pas, on va tout vous expliquer.


John, Roger, Pete et Keith, 1965 (KRLA Beat/Beat Publications, Inc.)



L’histoire commence avec... The Confederates. Donc pas encore les Who, pas tout de suite. The Confederates était le groupe de jazz formé en 1961 en Angleterre, par Pete Townshend et John Entwistle. Par la suite, le jeune Roger Daltrey engage Pete et John au sein de son propre groupe, The Detours. Roger chante, John joue de la base et Pete de la guitare électrique. Le batteur, un certain Doug Sandom quitte très rapidement le groupe et la batterie fut alors assurée par différents musiciens, jusqu'au jour , juste après un petit concert, un certain Keith Moon va voir les membres du groupe et leur dit (selon la légende, la réalité est peut-être moins classe) "Je peux jouer mieux que votre batteur". Les membres acceptèrent de voir de quoi il était capable et, après avoir quasiment détruit la batterie, il fut directement engagé (pas cool pour l'ancien batteur cela dit).

Ensuite, le groupe change de nom, car un groupe américain un peu plus connu s'appelait déjà The Detours. Après avoir pensé à adopter le nom de The Hair, c'est The Who qui sera trouvé par un ami de Pete Townshend. Au départ, le nom ne resta pas longtemps puisque leur manager les obligea à changer pour The High Numbers et il les força à enregistrer deux EP qui n’était pas vraiment dans les style du groupe, et sans surprise, ce fut un échec.

Un soir de septembre 1964, lors d’un concert dans un bar de Londres, les quatre musiciens se font approcher par deux cinéastes, qui voulait faire un film sur un groupe qui galère. Le courant passe bien,  puisque ces dénommés Kit Lambert et Chris Stamp deviennent leurs managers, et le groupe redevient The Who.




Quand on pense au clichés qui entourent la musique rock et ses artistes, on songe sexe, drogue et alcool, superstar qui se jette dans la foule et qui détruit sa guitare sur une enceinte. Et le truc de la guitare, ça vient de qui ? Bien sûr, c’est les Who. En octobre 1964, dans un bar de Londres, Pete Townshend percuta sans faire exprès sa guitare au plafond. Les gens du public étaient toujours chaud, parce qu’ils pensaient que Pete avait fait exprès. Alors il continua à la fracasser au sol, et il y prit du plaisir, le public aussi. Ce geste deviendra une habitude et une marque de fabrique du groupe.

À cette époque, le groupe joue toujours  les chansons de The Detour ou des reprises, mais les deux nouveaux managers les  poussent  à créer de nouveau morceaux. Et un des premiers à être écrit, c’est "I Can’t Explain" Le morceau attire l’attention de Shel Talmy, originaire de Chicago et qui n’est autre que le producteur des Kinks. Il signe le groupe et les fait enregistrer, et "I Can’t Explain" décroche la 8ème place des charts anglais ! La même année, grâce a leur nouvelle notoriété sortent les morceaux "My Generation", un emblème des années 60 et "Anyway, Anyhow, Anywhere". Ce dernier est un des premiers morceaux de l'histoire contenant du larsen, le tout premier étant "I Feel Fine" des Beatles.

Quant à "My Generation", elle est ancrée dans son époque et surtout dans son contexte. Elle devient la chanson de la jeunesse anglaise qui souhaite plus de liberté et de nouveautés. Fin 1965, l’album My Generation, le premier disque punk de l'histoire sort. Il contient bien sûr le morceau-titre, mais aussi les excellents "The Kids Are Alright" ou "La-La-La Lies".



Musicalement, c’est de la pure pop-rock British de cette époque, mais c’est les paroles qui sortent du lot : les Who parlent de plein de sujets variés et souvent tabous à l'époque, le sexe, les problèmes personnels, etc. C’est assez nouveau à ce moment et le disque crée un petit scandale. Le groupe et les deux managers décident ensuite de quitter Shel Talmy et sa maison de disque. S'ensuivra un procès qui sera gagné par Talmy et qui lui permettra de se voir verser des royalties à vie sur l'album My Generation.

Avec les cultissimes albums A Quick One et The Who Sell Out en 1966 et 67, les Who commencent à se faire connaître hors de leur île natale. Après une tournée en Europe, c’est au Etats-Unis qu’ils vont se faire remarquer : lors de leur tournée, ils saccageront quasiment tous les hôtels dans lesquels ils passeront la nuit. Les raisons sont multiples : drogues, disputes, simple envie de défoulement ou énervement à cause de la mauvaise réception du poste de radio. Il y eut aussi le soir où ils noyèrent accidentellement une limousine dans une piscine, ou la fois où ils dynamitèrent les toilettes. Sans oublier les bonnes vieilles habitudes,

Keith Moon dynamitera sa batterie après un concert télévisé (encore de la dynamite, décidément) Toutes ces folies mettront le groupe en péril financier, mais leur musique et leurs incroyables performances sur scène leur permettront de rester sur le devant de la scène.

En 1969, c’est au tour du fameux album opéra-rock Tommy de sortir. Ce disque conte l’histoire d’un petit garçon nommé Tommy qui ne parle pas, ne voit pas et n'entend pas, mais qui devient champion de flipper. L’album est devenu l'un des grands classiques du groupe, mais la plupart des médias ne le prendront pas comme ça, du moins pas à sa sortie, le trouvant trop sombre. Mais ça n'empêchera pas le public de lui faire un accueil chaleureux, plaçant l'album en deuxième place des charts. Tommy sera joué pour la première fois au Ronnie Scott's de Londres, puis lors de la seconde tournée américaine des Who, et enfin sur la scène de Woodstock ! L'album sera même adapté en film, en comédie musicale, en version orchestrale... Les Who terminent la décennie en beauté, mais ce ne sera pas le dernier classique ! On vous racontera tout dans la deuxième partie de notre article, le concert de Cincinnati, les années 80 difficiles, la fin du groupe puis le retour. Bientôt, promis.


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