Paul Weller est de retour avec On Sunset | Review

Mis à jour : juil. 8

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Paul Weller est productif. Après ses nombreux projets dans les années 70 et 80, il se lance en solo en 1990 et sort à peu près un album tous les deux ans. Après l’excellent True Meanings en 2018, il revient cette année avec On Sunset. Voici notre critique.



Pour ceux qui ne le sauraient pas, Paul Weller est un des musiciens anglais les plus important de ces dernières décennies. D’abord avec The Jam de 1972 à 1982, puis The Style Council jusqu'en 1989, et enfin en solo depuis les années 90, il a inspiré beaucoup d’artistes, à commencer par les groupes de britpop. Sa carrière solo est un peu moins connue à l’international, mais contient des excellents disques : des premiers Wild Wood à Stanley Road et de 22 Dreams à True Meanings, il a exploré beaucoup de styles, mais continue à innover avec son nouvel album studio.

Sous une pochette un peu trop colorée se cache un véritable joyau. Chaque morceau sur On Sunset est travaillé dans les moindres détails, rien n’est laissé au hasard. Les violons se mêlent aux boites à rythmes, les choeurs aux nappes de synthés, les cuivres aux solos de guitare.

Quasiment chaque chanson est dans un style différent, de l’électro à la pop en passant par la soul et même un certain feeling jazz. L’album atteint son point d’orgue avec l’éponyme "On Sunset" et ses sept minutes rythmées par une guitare légerement funk et un ensemble de cuivres qui donne envie de danser. Les paroles sont néanmoins moins positives : "And the world I knew/Has all gone by/All the places we used to go/Belong to a time/In someone else’s life"

Cette chanson résume parfaitement l’ambiance de l’album : Paul Weller contemple un monde qui a changé, qui n’est plus celui qu’il avait connu à l’époque. "Equanimity", la chanson qui suit semble presque être une suite à la précédente. Un rythme jazzy assez irrésistible et un refrain tout aussi entraînant accompagnés de cuivres et de violons dans un style assez inhabituel, mais qui marche très bien.

On Sunset avait été introduit par trois singles : tout d’abord, "Earth Beat", un peu déroutante. La chanson commence doucement, puis devient plus rock a partir du refrain, où des guitares et des synthétiseurs apportent une bonne énergie. Le court passage rap, selon moi, n’apporte pas grand chose (mais enfin, c’est mon avis), malgré le fait qu’il aille bien avec l’ambiance du morceau.

Sur "Village", sorti début mai, Weller semble faire un point sur sa carrière et sa vie, se rappeler du passé sans nostalgie, le tout sur une mélodie pop et des arrangements ciselés avec précision, une parfaite ligne de basse et la voix puissante du Modfather. Une des meilleures, et des plus accessibles.

Et enfin "More" il y a quelques semaines. Sur un rythme un peu world music, on retrouve de nombreux instruments tels qu'une guitare dans un style flamenco et encore une fois des violons qui apportent une touche grandiose. Les paroles sont également très réussies, avec un couplet en français chanté par Julie Gros, du groupe Le Superhomard. Bref, une chanson qui vaut l'écoute.



Mais ce serait dommage de résumer l’album à ces quelques chansons. Elles valent toutes le détour : "Baptiste", son riff un peu bluesy et son ambiance gospel, "Old Father Thyme" qui aurait pu être le tube de l’été dans un monde parfait, "Walkin'", assez festif, qui rappelle les Beatles ou McCartney en solo, ou encore "Rockets", qui semble s’être échappé de l’époque Wild Wood (1993) pour se retrouver en toute fin du disque, un point final à cet excellent album qu'est On Sunset.

La version Deluxe comporte 5 chansons de plus : une version orchestrale de "On Sunset", pas très intéressante, tout comme la version instrumentale de "Baptiste". Mais "4th Dimension" est un instrumental étrange qui aurait très bien pu se retrouver entre "Village" et "More", par exemple, et "Ploughman" est agréable, mais sans plus. "I'll Think Of Something", par contre, est très jolie et n'aurait pas détonné du reste du disque.


A 62 ans, Paul Weller nous surprend toujours, et il n'est pas près de s'arrêter. Vous l'aveu écouté ? Quel est votre titre préféré ?


Paul Weller - On Sunset, disponible via Polydor sur les plateformes de streaming et chez les bons disquaires.

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