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Review : Benjamin Biolay - Grand Prix

Depuis une vingtaine d’années maintenant, Benjamin Biolay écrit des chansons, sort des albums. De Négatif (2003), assez folk, à Vengeance (2012), très éclectique, en passant par son dyptique argentin Palermo Hollywood et Volver ou son disque avec l’acteur Melvil Poupaud en 2018, il a plus ou moins exploré tous les styles. Et vendredi 26 juin sortait son neuvième album, Grand Prix.



Le disque a pour fil rouge le monde de l'automobile, plus précisément la Formule 1. Dans une interview pour France Info, l'artiste dit : "Moi, ça me parle quelqu'un qui passe sa vie à faire des tours en rond, ça me rappelle un peu ma vie." Le disque est donc assez triste et mélancolique, mais pas déprimant.

Grand Prix commence par la chanson "Comment Est Ta Peine ?". Premier single de l’album, elle est passée à peu près sur toutes les radios, et tant mieux car elle est très réussie. Un mélange d’electro-rock, avec une guitare très dansante, des très bonnes paroles et l’actrice Anaïs Demoustier qui fait une apparition à la fin. Le premier morceau donne donc directement le ton qui dominera tout le disque : un tissu musical où s’entremêlent synthétiseurs et violons, guitare au son des années 2000 et boucles de batterie, influences de Joy Division et d'Arctic Monkeys, entres autres. Tout ça en parfaite harmonie.



On continue avec "Visage Pâle", une chanson qui pourrait être une chanson d’amour, mais qui pourrait aussi être dédiée à la Formule 1 puisque c’est le thème de l’album. Musicalement c’est assez électronique, avec une guitare qui rappelle les derniers albums des Strokes.

Une chanson beaucoup plus rock maintenant : "Idéogrammes", qui fait beaucoup penser à Bashung, autant au niveau de l’ambiance musicale et des paroles que de la voix de Biolay. Sa voix, sur ce disque est profonde et très assurée, ce qui va très bien avec les thèmes plutôt sombres.

Un jour avant la sortie de Grand Prix, le troisième et dernier single a été révélé : "Comme Une Voiture Volée", un des sommets du disque, avec un couplet assez rythmé, puis un refrain qui attrape littéralement tout le monde par le col de chemise. Quelques métaphores automobiles (Mon coeur c’est un vieux moteur/Si tu soulèves le capot) et des paroles qui semblent être amoureuses, c’est définitivement un grand moment de Grand Prix.

Le deuxième single était "Vendredi 12". C’est beaucoup plus calme que ses prédécesseur, sans batterie, mais avec une guitare et des violons, plus une contrebasse (je crois). Au début, j‘avais du mal avec ce morceau, mais finalement il s’inscrit parfaitement dans la continuité de l’album. Le clip est également très réussi.


J’ai jamais conduit ta belle Ferrari/Ni jamais fini/Le dernier Grand Prix

La chanson-titre, "Grand Prix" est très triste. Elle est dédiée à Jules Bianchi, un jeune pilote de F1 ayant eu un accident sur un circuit en 2014, et qui en décédera en 2015 après plusieurs mois dans le coma. Les paroles font beaucoup référence à la mort (J’ai jamais conduit ta belle Ferrari/Ni jamais fini/Le dernier Grand Prix ; Après tout ça m’va/Si c’est aussi rapide qu’a Ayrton Senna), et cette chanson est l’une des plus belles du disque.

"Papillon Noir" est assez rock, et la voix de Benjamin Biolay, chantant un chagrin d’amour, va parfaitement avec le son du morceau. Le refrain est très entraînant et c’est une des meilleures chanson de l’album.

La suivant, c’est "Ma Route". C’est un titre un peu facile, assez feel-good musicalement et avec une guitare très positive. L'intro me fait penser au malheureux "Toujours Debout" de Renaud. C'est donc un morceau très accessible, tout le contraire de "Virtual Safety Car". La neuvième chanson, plutôt un interlude qu'un véritable morceau d'ailleurs, est très électronique, avec des robots qui répètent, en plusieurs langues, "je n’aime pas la voiture de sécurité virtuelle". Un peu étrange au début, mais le morceau est assez court et finalement très réussi.

"Ou Est Passée la Tendresse ?" est une des plus électroniques de l'album, avec encore un refrain incroyable et des très bonnes paroles. C'est un sommet de l'album et il aurait pu sortir en single.

On arrive dans les derniers morceaux de Grand Prix avec "La Roue Tourne". L'intro calme au piano est rapidement rejointe par la voix sombre et les textes désabusés de Biolay. Assez mélancolique mais grandiose avec les cuivres pendant l'outro, cette chanson fait partie de celles qu'il faut écouter, comme tout le disque finalement.

Contrastant avec sa prédécesseur, "Souviens-toi l'été dernier" est très dansante ! Par contre, je trouve que l'autotune n'est pas vraiment utilisée à bon escient ici, cela n'apporte rien à la chanson. C'est une des moins réussies selon moi, mais elle est quand même agréable à écouter. Par contre "Interlagos (Saudade)" finit l'album en beauté. Très relaxante et apaisante, bien que plutôt triste lyristiquement, elle conclut parfaitement cette pépite de Grand Prix.

Grand Prix est donc un grand cru, certainement un des meilleurs disques de l'année. Benjamin Biolay alterne les ambiances, tantôt survolté, tantôt calme, et l'album est carrément addictif. Une fois que vous avez lancé l'écoute de "Comment Est Ta Peine ?", il va falloir écouter le disque en entier. Et une fois qu'il est fini, le recommencer, encore et encore.

L'avez-vous écouté ? Quel est votre morceau préféré ?


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