• Roman

Yusuf/Cat Stevens - Tea For The Tillerman 2 | Review

Cette année les rééditions anniversaires s'enchaînent, avec toujours plus ou moins la même recette : l'album original remasterisé par producteur de renom, un live avec un son médiocre, une vingtaine de démos acoustiques enregistrées dans la cuisine de l'artiste, quelques instrumentaux et versions alternatives... et voilà, vous avez tout ce qu'il vous faut.

C'est donc ce que font la plupart des groupes pour fêter les décennies de leurs disques cultes. Mais Cat Stevens, lui, a décidé de se livrer à un exercice un peu plus périlleux : réenregistrer en 2020 son légendaire Tea For The Tillerman, pour fêter son cinquantième anniversaire. Bien sûr, ce n'est pas le premier à faire ça, mais pour une fois qu'une réédition est un tant soit peu originale, on va pas se priver. Allez, review.

En parlant de Cat Stevens, la première chose qui nous vient à l'esprit, c'est évidemment Wild World, Father And Son, Sad Lisa, Where Do The Children Play... et toutes ces chansons se trouvent sur Tea For The Tillerman, le disque qui lui a offert sa renommée internationale. La review se porte sur la version 2020, mais en quelques mots, ce disque : Un chef-d'oeuvre de bout en bout, l'apogée de l'artiste, avec en prime une pochette véritablement superbe. C'est cette pochette qu'on retrouve, un peu modifiée, sur Tea For The Tillerman 2. Dans cette réimagination, le Tillerman (laboureur) se retrouve au bas, d'un arbre, en train de boire du thé en combinaison spatiale, un soir de plein lune. Cet artwork est vraiment joli et bien réalisé, et il mérite qu'on s'y attarde.

Maintenant, rentrons dans le vif du sujet : les nouvelles versions valent elles le coup ?

Par exemple, prenons Where Do The Children Play, le premier morceau de l'album. La chanson est, bien sûr, grandiose, mais la réinterprétation ne change pas grand chose. La voix a vieilli (mais quand même toujours assez puissante, comme à l'époque), on a rajouté une sorte d'orgue, des choeurs à la fin, qui se fondent très bien dans le mix, et c'est à peu près tout. La différence est plus flagrante sur Hard Headed Woman : la guitare acoustique mêlée aux légers arpèges électriques, puis ce solo quasi parfait avant que la batterie ne s'enflamme et accompagne les violons avec fougue. Ce morceau est aussi bien, voire mieux que l'original.

Bon, et puis Wild World ? A l'origine une ballade acoustique dans la plus pure tradition dédiée à sa compagne de l'époque, elle se transforme en un rythme jazz-reggae, avec une mélodie complètement différente. Alors on aime ou on aime pas, mais je crois qu'il faut juste passer le fait que le rythme n'est pas du tout le même, et l'apprécier comme une chanson complètement inédite, pas comme une simple relecture.


Le classique Sad Lisa est légèrement modernisé, les guitares se font plus discrètes pour laisser la place à un piano plutôt omniprésent, et Miles From Nowhere devient un peu plus rock et vraiment fantastique. C'est un des morceaux dont la nouvelle version est carrément meilleure que l'originale.

Et puis, l'album se tasse. Bien sûr, les morceaux sont tous géniaux, mais les nouvelles versions n'ont quasiment aucun intérêt. Autant écouter les originales, car la seule différence, c'est que la voix de Stevens a vieilli et ne monte plus aussi haut qu'avant. Heureusement, On The Road To Find Out se révèle être un très bon moment blues-rock et vient réveiller tout ça, avant d'arriver au sommet du disque : Father & Son. La chanson, à la base, est déjà un vrai classique. Et Cat Stevens la sublime encore en choisissant un concept plutôt original : un duo avec lui-même. Sa voix de 2020 chante les conseils avisés du père, tandis que l'ardeur de la jeunesse est contée par le jeune folkeux anglais qu'il était en 1970 (je suis assez fier de cette phrase, dis-donc). Ça marche très bien, et en plus, le clip en animation vaut vraiment le coup. Donc le disque se rattrape avec ces deux derniers titres, plus la minute d'outro qu'est la jolie dernière piste, Tea For The Tillerman.



Au final, l'album n'est ni bon, ni mauvais. Cat Stevens aurait eu l'occasion de vraiment retravailler les morceaux et de proposer une version véritablement nouvelle de ces onze classiques, mais en tout et pour tout, seuls trois ou quatre morceaux valent vraiment la réécoute. Mais bon, le reste est tout de même agréable et joliment produit, donc on ne va pas s'en priver !

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